A vous, qui subsistez
De Bayou Deadlands.
Cher John Parston, cher Edouard Lingbabé, cher Pat Garett,
cher Louis de Montjoie, cher Johnny La Perche, chère famille de Montjoie
et surtout, ma bien chère Bena La Perche, puisque nous avons maintenant décidé de notre union,
Bien que traversant, à l'heure ou je couche ces lignes, des jours de peu de sommeil, il m'apparait des plus indispensable de le faire maintenant. Lesdites longues journées, vraisemblablement vouées à durer, associées au simple fait que je soie, par chance et malgré les évènements récents, toujours vivant au bout de cette plume, ne peut faire souffrir ces lignes de plus de report.
Plus avancent nos découvertes par rapport à notre famille, son fardeau, ses dégénérescences et son passé, plus je nourris la crainte d'avoir à marcher au plus près des pas d'Hernest de Montjoie, notre ancètre.
Sans que nous ne sachions exactement dans quel contexte, il s'est néanmoins sacrifié d'une façon ou d'une autre pour repousser la menace qui refait surface en nos jours.
Que devrais-je, que devrons nous, Montjoies, sacrifier à notre tour le moment venu ?
On ne peut exclure que, pour préserver ce monde tel que nous le connaissons, le prix puisse aller bien au delà de nos vies (au sens large), même si je souhaite à chacun d'être épargné.
Dans l'éventualité de ma disparition, je souhaite te léguer ce domaine, Bena, ainsi qu'à Louis, pour le gérer en collaboration dès sa majorité, sous les conseils avisés de Johnny, s'il le veut bien.
Avec vous, ainsi qu'avec John et Edouard, je me plais à croire qu'il sera en de bonnes mains. Je leur renouvelle ici une ultime fois ma sympathie, et mes remerciements pour leur fidélité.
Si je ne devais faire qu'un souhait, ma chère Bena, hormis de t'éviter la présente lecture, ce serait d'avoir pu, entre temps, nous consacrer quelques journées et quelques soirées exclusives.
Louis, je suis très conscient que le peu de temps que nous avons pu partager au calme de notre demeure ne furent que rarement consacrés à tes domaines favoris. Si ces lignes te sont lues, tu devras plus que jamais garder gravé en mémoire et faire bon usage de ces quelques enseignements sur les "Responsabilités" que je t'ai transmis.
Mon cher Garret, sauf si un différend d'importance devait nous avoir opposé, vous restez le bienvenu en cette demeure, que vous connaissez, à force, comme votre poche. J'espère, en particulier si le contexte de ma disparition y est lié, que j'aurai pu effacer les doutes que je sais que vous nourissez quand à mes objectifs de fond et à mes motivations. Je vous le concède volontiers, mon comportement est tour à tour louvoyant, flou, inquiétant, ou encore contradictoire. Mais nous sommes au cœur du Bayou, il se pourrait que cette terre m'ait marqué plus que je ne m'en sois rendu compte.
En formulant tout mes voeux pour que ce pli trouve chacun d'entre vous sous des auspices enfin plus réjouissants, j'adresse également une dernière pensée à mon père Gidéon, les tourments actuels ne garantissant aucunement que je ne puisse, à terme, le rejoindre ou même le retrouver.
Bien sincèrement et affectueusement,
Évariste de Montjoie
PS: Une excellente continuation à vous également, Ethan, que la Nouvelle Orléans vous ménage autant que faire se peut !